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Aliou Cissé, sélectionneur du Sénégal : «mon regret, c’est de n’avoir pas marqué plus de buts»

Aliou Cissé a encore faim. La démonstration de son équipe ponctuée par une victoire nette (2-0) devant une sélection bolivienne presque inexistante, n’a pas ébranlé le coach des Lions. Au contraire ! Il regrette même que ces joueurs n’aient pas davantage marqué des buts. Par ailleurs, l’ancien capitaine de l’équipe nationale du Sénégal, a soutenu «nous n’avons pas le droit de commettre l’erreur que nous avons commise en 2018. Nous ne la commettrons pas».

(ORLEANS, France) – «Je suis très heureux de cette victoire. C’est toujours important de gagner. Le fait de gagner renforce la confiance. Et quand vous gagnez des matchs comme ça, c’est de bon augure pour la Coupe du monde. J’ai beaucoup aimé. Dans les positions, on a eu deux voire 3 transitions. Si on pouvait les jouer mieux que ça, je pense qu’on aurait scorer et marquer beaucoup plus. Cette efficacité offensive là, c’est sûr et certain que nous devons nous améliorer là dessus par rapport aux ratio d’occasions qu’on crée. Quand les matchs sont difficiles, il faut être capable de les tuer. Mon regret, c’est de n’avoir pas marqué plus de buts. Mais, je ne vais pas faire la fine bouche. Dans l’ensemble, ça a été un bon match».

Chamboulement de l’équipe

«Par rapport à la composition de l’équipe, on a changé le groupe. On a essayé des choses depuis un bon bout de temps comme Moustapha Name à droite. Il était impossible dans ce match de ne pas voir des garçons comme Pape Matar Sarr ou encore Pape Gueye. Leur comportement est satisfaisant. C’est aussi le cas de Fodé Ballo Touré qui a été assez costaud et solide en défense sans oublier Pathé Ciss qui a fait un gros boulot d’équilibre dans le milieu. Je félicite l’ensemble de l’équipe. Je crois que quand le Sénégal joue en équipe, c’est là qu’on est performant. J’ai eu ce sentiment là. Les joueurs voulaient jouer en équipe. Ils voulaient attaquer ensemble et défendre ensemble. Et je crois que c’est dans cette direction là qu’on pourra atteindre les ambitions».

La Bolivie en dessous de l’Iran ?

«Effectivement, l’Iran c’est un autre gabarit. C’est une équipe qualifiée à la coupe du Monde. C’est une équipe qui vient de battre l’Uruguay. Donc, cela veut dire qu’ils sont en totale confiance. En cette période, c’est ce genre de match là que nous cherchons. L’Iran un cran au dessus de la Bolivie ? On peut le penser même si pour le match d’aujourd’hui (samedi, Ndlr), on a eu une assez bonne maîtrise en première période où on a trouvé dans notre animation offensive et défensive beaucoup plus de solidité de certitude avec de bonnes relations à l’intérieur et l’extérieur du jeu».

Temps de jeu famélique en club de Pape Matar Sarr, Bamba Dieng et Nampalys Mendy

«Pour le moment, ce n’est pas un véritable problème. En venant à ce regroupement, on savait déjà les situations de nos joueurs. On savait que certains ont eu des transferts assez tardifs. D’autres, sont dans des groupes de performance mais ne jouent pas beaucoup. C’est toutes ces difficultés là, sans compter les blessures, qu’on a enregistré dont celles de Youssouf Sabaly, Bouna Sarr. Tout cela est effectivement très compliqué. Si vous regardez sur le onze de départ, on a essayé des choses du fait qu’on a été déséquilibrés sur les côtés. Maintenant, quand ils arrivent en sélection et qu’ils ne jouent pas, je ne suis pas là pour leur faire subir une double sentence. C’est-à-dire de ne pas les faire jouer en club et ils arrivent en sélection aussi pareille. Nous, au Sénégal, on ne va pas y gagner. Ce qui est important, c’est que les garçons quand ils arrivent, il va falloir qu’on leur donne du temps de jeu sur ces deux matchs là. En début de stage, c’est d’ailleurs ce que j’ai expliqué à mes joueurs. Pour leur faire comprendre qu’il y aura deux équipes : Une face à la Bolivie et une autre face à l’Iran. Cela nous permettra de leur faire bénéficier du temps de jeu même si c’est difficile».

Manque de tranchant en attaque

«On a des purs attaquants. Bamba Dieng en est un. Boulaye Dia, Ilimane Ndiaye,  Sadio Mané aussi sont des attaquants. Comme je vous l’ai dit, dans le football, le plus difficile,  c’est de marquer des buts. Maintenant,  par rapport à l’adversité, je dirai non. On n’est pas tombé sur plus faible. Je demanderai plutôt est ce que ce n’est pas le Sénégal qui a maîtrisé son sujet ? Mais, en réalité, quand vous regardez le Sénégal jouer sur une pelouse digne de ce nom, on est capable d’aligner des passes malgré les critiques qu’il y a eu quand on est sur le continent africain, sur des terrains super compliqués où il est très difficile de sortir le ballon. Mais quand vous voyez que le terrain est bon et qu’il y a de l’espace, en un moment, on est capable de jouer. Je crois que je suis un entraîneur pragmatique. Je m’adapte à une situation par rapport aux terrains et aux adversaires. Et à partir de là, on essaie de décliner notre plan de jeu. C’est difficile de jouer sur un terrain cabossé tous nos matchs d’éliminatoires sur le continent africain. Il faut s’adapter à cette réalité là. Mais à chaque fois qu’il s’agit des compétitions ou des phases finales, notre jeu change de posture. On arrive à être beaucoup plus fluide. Je n’ai jamais été inquiet sur notre fond de jeu. Des gens ne savent pas ce qu’on endure sur certains terrains».

Choix des 26 joueurs pour le Mondial 

«En réalité, personne n’a douté du réservoir du football sénégalais. Personne n’a jamais douté de la qualité de nos joueurs qui évoluent un peu partout sur le continent africain, et partout en Europe. Je préfère avoir ce problème là que le contraire. Pas plus tard qu’hier (vendredi, Ndlr), je disais en conférence de presse que l’objectif pour nous, c’est de constituer une équipe équilibrée, homogène, qui fera en sorte qu’on peut exister dans cette Coupe du monde là. Quand on choisit, on élimine. Et je sais que quand je vais donner la liste, je ferai des malheureux mais aussi des heureux. Mais ce qui est important, c’est surtout que le Sénégal soit prêt. Que l’équipe soit compétitive et qu’on aille pour représenter dignement le Sénégal et le continent africain

Situation Sadio Mané avec le Bayern Munich

«Sadio Mané n’est plus à présenter. Il fait partie des plus grands joueurs de ce continent et de ce monde là. Dans la vie de tous les jours, parfois, il y a des hauts et des bas. Je n’ai jamais été inquiet. Je sais qu’il retrouvera son meilleur niveau dans les semaines à venir, les mois à venir. Je n’ai aucun souci par rapport à cela. C’est vrai que chez nous, on lui donne un peu plus de liberté. L’équipe joue et tourne au tour de lui. Il arrive aussi à travailler avec l’équipe. Il fait partie de nos meilleurs joueurs. Nous voulons le protéger. Quand il est là en sélection, il est heureux. Nous l’encourageons».

Le 4-3-3, le système favori

«On a des joueurs qui sont capables de jouer en 3-5-2. D’ailleurs en club, certains d’entre eux jouent avec ce système là. Cela faisait 4 matchs que j’avais testé ce schéma. Mais à deux mois de cette compétition, il est important de rester cohérent. De ne pas tout chambouler. De faire une révolution mais surtout de faire évoluer. Sur ce système de 4-3-3 ou 3-5-2, ça peut être une variante. Dans un match on a eu à le faire. Commencer par notre système favori et au cours du match, évoluer dans ce système. Nous le préparons à l’entraînement mais nous ne l’avons pas encore mis en place dans un match. On verra. Mais pour le moment, je préfère rester avec les certitudes qui nous ont fait gagner la Can et décrocher une qualification à la Coupe du monde».

Objectif du Sénégal au mondial 

«On est 5 pays africains qualifiés pour la Coupe du monde. On représentera l’Afrique. Et tous ces 5 là, auront leur chance. Que ce soit la Tunisie, le Cameroun, le Sénégal, le Maroc, on a toutes nos chances dans cette Coupe du monde. Nous sommes en train de bien préparer ce mondial. Maintenant, si des connaisseurs ou des spécialistes pensent qu’aujourd’hui, de toutes ces équipes africaines, nous sommes la plus outillée, cela me fait plaisir mais, ça ne nous change pas. Nous sommes humbles. Cette Coupe du monde sera ma troisième. Une en tant que joueur (2002) et deux comme entraîneur de l’équipe du Sénégal (2018 et 2022). Et, je sais que le niveau n’est pas le même. C’est un autre niveau. À nous de nous préparer en conséquence avec beaucoup d’humilité. Mais, nos ambitions restent les mêmes. D’abord, prendre les matchs les uns après les autres. La dernière coupe du monde, on était éliminés au bout de trois matchs. L’objectif sera de sortir de ces poules là. À partir du moment où on sortira de ces poules là, oui, on sait que c’est des matchs à élimination directe. Dans ce cas, on a du vécu et de l’expérience. On aura notre mot à dire. Pour l’instant, il faut s’attaquer à ces matchs de poule avec beaucoup de sérénité parce que, rien n’est fait. Les gens sont en train regarder les 8ème et quart de finale. Mais nous, notre philosophie, c’est match après match. La Bolivie est finie, nous nous attaquons à un autre match (contre l’Iran en Autriche). Ce sera aussi un autre match très compliqué pour nous. On avance petit à petit mais sûrement avec nos certitudes».

Son apport à l’équipe 

«Décidément, ça ne cessera jamais. La pression sera toujours sur le Sénégal. Cette pression veut tout simplement dire que le travail est bien fait. Aujourd’hui, on s’est donné les moyens de nos ambitions Je suis en place depuis 7 ans. Et pratiquement 10 ans dans cette direction technique. Il nous a fallu 10 ans pour constituer une équipe capable de pouvoir respecter ces ambitions. Maintenant ce que je peux apporter de plus à cette équipe, c’est mon expérience en tant qu’ancien footballeur. Et comme je l’ai dit tantôt, j’en serai à ma troisième coupe du monde. Et quand on sait que la Coupe du monde, c’est l’expérience qui est importante. L’erreur que nous avons commise en 2018, on ne la commettra pas et on n’a pas le droit de la commettre. Mais souvent, quand je parle d’expérience, les gens pensent que c’est sur le plan sportif. C’est plutôt l’expérience de l’organisation. Et comme vous le savez, une Coupe du monde demande une grosse organisation. Et je pense que ce soit les fédéraux, les sportifs, l’État du Sénégal, tout le monde fait de son mieux pour que l’équipe fasse une bonne préparation et soit dans les meilleures conditions pour bien aborder la Coupe du monde».

Recueillis par Abdoulaye THIAM

(Envoyé Spécial)

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